21/10/2010

Nous vivons à une ère de rapines (Albert EINSTEIN, 1949)

"Quand Genève loge des racailles"

Dimanche dernier (17 octobre 2010), la TSR nous a offerts une soirée d’exception dans le cadre de sa mission la plus noble, celle de nourrir l’intelligence et le cœur

            Il s’agissait de la diffusion de 2 documentaires. L’un traitait de Dette des pays du Sud Jean ZIEGLER y faisait entendre la voix d’une Suisse solidaire et humaniste. L’autre documentaire traitait, dans un contexte de crise aigue du logement à Genève, de l’existence d’un marché lucratif de l’immobilier à des prix exorbitants, un marché réservé à des oligarques et à des potentats qui tirent leurs privilèges d’une corruption à grande échelle. Mr Müller, Conseiller d’Etat libéral, convié à donner son sentiment sur cette situation estimait que finalement ces immigrés étaient les bienvenus dans la mesure où ils contribuaient aux impôts perçus par les communes d’accueil et qu’ils faisaient bénéficier le Canton de placements financiers

Mr Müller est l’un des principaux protagonistes du Projet de Métropole transfrontalière. Vu d’en face, de l’autre côté de la frontière, on ne peut qu’être inquiet vis-à-vis de la logique que porte ce discours transposée à ce Projet. D’autant que dans les faits, la promesse d’un rattrapage dans la construction de logements dans la partie genevoise est loin d’être respectée et que l’annonce de création d’emplois ne s’accompagne pas d’un accompagnement à la hauteur des besoins pour rapprocher le lieu de travail du lieu de résidence

Une des conséquences de cette logique est de déposséder les habitants de la maîtrise de leur territoire. En Haute-Savoie, 2 nouveaux arrivants sur 3 sont suisses, ce qui aggrave forcément les difficultés des haut-savoyards pour se loger face à la pénurie et au coût.

Certes, nous pouvons « cohabiter » dans la mesure où cette installation se fait en prenant en mettant en place toutes les mesures compensatoires nécessaires, que la croissance démographique soit maîtrisée pour que les habitants actuels ne soient pas lésés, que leurs conditions de vie ne s’aggravent pas et que l’avenir des futures générations soit garanti

Il faudrait pour cela que le Projet d’agglomération s’oriente sur une tout autre base, en premier lieu en associant les populations, que l’on reconnaisse les compétences de la société civile et que l’on parle de cohésion sociale, d’empreinte écologique, de solidarité et d’équité entre les 2 côtés de la frontière

 

NB : EINSTEIN n’était pas qu’un savant avec une vie uniquement consacrée à la recherche, il était aussi musicien et se préoccupait de la société et de son développement. C’est en référence au capitalisme qu’il estimait que nous vivons une ère de rapines

 

Jean-Louis BAILLY, Haute-Savoie

20 octobre 2010

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