03.05.2010

Consensus politique franco-genevois

 Au Congrès du groupement des frontaliers, ils étaient tous là….


L’exceptionnel aréopage politique présent à ce Congrès témoigne du consensus politique entre les 2 côtés de la frontière pour considérer que le travail transfrontalier constitue un élément central de la coopération transfrontalière, un pilier et un moteur essentiels du développement économique du bassin genevois.

On comprend aisément la présence des élus suisses et les déclarations de Mme CALMY-REY en faveur de la présence d’une main d’œuvre fournie par la France voisine:à Genève qui épargne au Canton la formation de ces salariés nécessaires à son développement, et l’exempte de fournir le logement et les services et les infrastructures qui vont avec.

Mais on pouvait attendre des élus français qu’ils s’interrogent si le versement des fonds frontaliers représente une compensation équitable aux charges et contraintes externalisées par le Canton de Genève et qu’ils manifestent de l’inquiétude sur l’extension d’une pratique qui place la Haute-Savoie en situation de colonie économique dans un contexte où l’augmentation du chômage a été proche de 40 % dans la couronne française pour l’année 2009

On souhaiterait que la bienveillance que manifeste la classe politique pour cette catégorie de travailleurs transfrontaliers s’étende aux salariés français qui travaillent en Haute-Savoie et dans le Pays de Gex et dont les revenus sont nettement moins élevés.

Plus généralement ne faudrait-il pas que les élus expriment leur sollicitude à une grande partie de la population, des 2 côtés de la frontière, en particulier les plus démunis et les plus précarisés, qui souffre du coût de la vie et de la crise du logement? 

A quand l’élaboration d’un volet social pour que le Projet de Métropole transfrontalière propose un développement qui s’oriente vers un partage plus équitable des richesses produites ?

Le décalage entre les visions politiques et le « pays réel » a pris une dimension supplémentaire avec l’intervention de Pierre LELLOUCHE, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, présent lui aussi, et qui a prédit que « la zone de prospérité avec Genève pouvait permettre à la France d’aller chercher un point de croissance de plus » Dans le même registre de surenchère , mais cette fois en toute connaissance de cause , l’appel aux citoyens lancé par le Maire d’Annemasse, Christian DUPESSEY « Appropriez-vous le Projet d’agglomération », alors que la population est mise devant le fait accompli, ne rehausse pas la confiance qu’on peut accorder à la classe politique.

Que les élus sincères et lucides s’expriment !

 

Jean-Louis BAILLY, militant associatif, 30 avril 2 010

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