13/10/2009

Comment combattre la xénophobie dans la région transfrontalière


Que l’on habite Genève ou la France voisine, on ne peut qu’être inquiet des résultats des élections législatives à Genève pour lesquelles la campagne xénophobe de l’extrême droite populiste  a rencontré un écho favorable chez une partie significative  de la population.. Cette campagne a pris particulièrement pour cible les travailleurs frontaliers. Si l’on examine les conséquences de leur emploi, on peut mesurer l’incongruité de la mise en cause du système qui les attire à Genève : il évite au Canton d’assumer la prise en charge pour cette main d’œuvre de sa formation et de son logement  avec les services qui vont avec. C’est un moyen d’externaliser les dépenses énergétiques liées au trafic pendulaire Le Pays de Gex et la Haute-Savoie sont de fait en  situation de dépendance ce  qui ne préoccupe d’ailleurs pas  les élus locaux, ils se satisfont de la part des fronts frontaliers qui alimentent les budgets municipaux.

            Il ne suffit pas de dénoncer les porteurs de haine (faut-il les traiter de « racailles » politiques ?) qui ont détourné des électeurs des enjeux d’une consultation dans le cadre d’une démocratie déjà mise à mal par une abstention massive. Il faut trouver les moyens de combattre les tentations de la xénophobie 

 Les résultats du vote révèlent un malaise réel à propos de la façon dont se construit  la région transfrontalière. On peut craindre que la frustration  soit partagée par la population de la couronne française même si l’expression du repli sur soi est moins spectaculaire. Les classes politiques des 2 côtés de la frontière doivent s’interroger sur les failles de leur projet de développement commun.

            Il faut revenir aux fondamentaux du développement durable, d’abord prendre la mesure des besoins sociaux et plus largement des exigences du cadre de vie. L’hypothèse de croissance (300 000 habitants de plus en 2 030) n’est pas acceptable alors que la prise en charge des  problèmes essentiels tels que le logement, les transports, le coût de la vie …..est déficiente pour la population actuelle et dans un contexte où .le chômage frappe durement notre territoire (avec une augmentation annuelle proche de 20% à Genève et de 35 à plus de 50% dans la couronne française).

            On ne peut pas  non plus ignorer les crises  planétaires (bouleversements climatiques, crises économique, alimentaire, ……), la remise en cause du modèle de développement libéral  doit être intégrée aux préoccupations des élus.

            Pour que le Projet soit validé la nécessité d’une politique d’information et de consultation de  la population de l’agglomération transfrontalière traitant les enjeux du développement qui viennent d’être rappelés est évidente.

            Les habitants français et suisses du Bassin genevois sont confrontés dans leur grande majorité aux mêmes problèmes, c’est une réponse commune qui doit leur être apportée sur des valeurs autres que celles qui s’appuient sur le déni de l’autre : la solidarité et l’équité entre les partenaires et à l’intérieur de chaque communauté.

 

                        Jean-Louis BAILLY, animateur du Collectif « Sauvons la Planète »

                        Haute-Savoie

Commentaires

Au lieu de d'insulter les Genevois en les traitant de xénophobes et de racistes (15% de 40% d'électeurs ont voté MCG, en partie pour rouspéter et envoyer un message aux autres partis, pas forcément parce qu'ils détestent les frontaliers, le monde n'est pas noir-blanc, pardon jaune-bleu), pourrait-on s'interroger sur ce qui a motivé un tel résultat? Ne dit-on pas qu'il n'y a pas de fumée sans feu?

La France voisine, quant à elle, subit, bien malgré elle, une hausse du prix de l'immobilier, due en partie aux Suisses qui n'ont plus les moyens de vivre dans leur pays, mais due aussi à l'afflux massif de Français et d'Européens, attirés par l'Eldorado genevois.

Quand les Français n'arriveront vraiment plus à se loger, des réactions xénophobes ne manqueront pas de surgir. Pourra-t-on alors simplement accuser les Français d'être racistes, sans se demander pourquoi?

Écrit par : hérisson | 13/10/2009

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